La magie n’était pas au rendez-vous au Balmoral. La soirée avait pourtant bien commencé. La météo prévoyait des orages, mais quand nous sommes sortis de la maison, le ciel était toujours bleu. Nous avons enfourché des Bixis et nous nous sommes dirigés vers la ville. On n’avait pas d’idée précise pour le resto, nous allions voir sur place ce qui allait s’offrir à nous.
Arrivés à Place des Arts, nous avons laissé les vélos et quelques instants plus tard, Anne avoue être prête à passer à table. Je lui suggère d’aller voir au Balmoral. On est samedi soir, il est près de 19 h, soit une heure avant que les spectacles qui se donnent un peu partout dans le coin ne commencent. Nos espoirs qu’il y ait de la place sont faibles. C’est donc avec surprise qu’on entend l’hôtesse nous inviter à la suivre jusqu’à notre table.
On consulte les menus pendant quelques secondes avant que notre serveur débarque. Anne hésite entre un apéro un peu festif ou du vin. On n’est pas pressé, on décide de prendre chacun une entrée tout en prenant du vin. On verra ensuite.
Notre serveur était très familier. Il avait beau nous vouvoyer, toute sa gestuelle nous disait « tu ». On lui demande de nous suggérer un vin rouge. « Quel est votre budget? ». « Un bon rapport qualité-prix », rétorque Anne. Il réitère sa question : « Comment êtes-vous prêt à payer? ». On n’aura pas de suggestion de sa part, seulement quelques opinions sans fondement qui nous apparaissent avoir été apprises par coeur. Bref, mon bullshit-o-mètre s’emballe. On opte pour le Zinfandel qui est sur la carte. Tandis qu’on nous sert le vin, notre serveur revient à notre table et dépose deux petits pains et deux gobelets en plastique contenant du beurre. Oui, les mêmes gobelets de beurre qui sont servis avec la soupe et les biscuits soda dans les diners, le long des autoroutes. La seule différence est qu’au Balmoral, on a droit qu’à un seul gobelet par personne.
Des entrées qu’on nous a servies, je ne retiens pas grand-chose. Quand elles nous ont été servies, le mal était déjà fait. Le moment où la magie s’installe était passé. Nous avons mangé les entrées et bu le vin tout en discutant. 90 minutes après notre arrivée, nous quittions le Balmoral sans regret. Ce qui est bien avec Montréal est que les restaurants ne manquent pas. On n’est pas obligé de revenir ici. Heureusement.
Bistro Le Balmoral, 305 Ste Catherine O, Montréal, 28 mai 2011